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Tribune de Frédéric Bedin « La communication, coeur du business »

Selon Frédéric Bedin, Directeur Général de Public Système Hopscotch, les investissements en communication ne doivent pas être négligés si on veut renouer avec la croissance.

On dit souvent que l’argent est le sang de l’économie, le système bancaire le réseau veineux. Les dirigeants politiques tentent en ce moment de colmater les hémorragies, d’injecter le liquide nécessaire et de maintenir la fluidité de l’ensemble. C’est essentiel évidemment. Mais l’organisme a aussi besoin d’un cœur vigoureux et d’un stress positif qui donne le rythme, l’envie, fait rougir de plaisir ou de désir. Dans l’économie c’est la communication sous toutes ses formes qui assure ce rôle.
En 2008, la crise financière a été colmatée, mais toutes les actions de communications des entreprises ont été annulées où atrophiées à l’aulne d’une soit disant bonne gestion. Cela a provoqué et amplifié la crise de 2009, faisant courir le risque d’un « être économique » guéri, certes, mais mort….
C’est la communication interne qui a été la plus désinvestie, les dirigeants pensant que ce qui est économisé à l’intérieur ne se verrait pas à l’extérieur. Erreur! Car d’abord avec les réseaux sociaux les entreprises ne sont plus étanches et les informations s’échangent dans les deux sens, et parce que la démotivation des collaborateurs a accéléré celle des investisseurs et consommateurs.
En 2011, il semble que la prudence soit de mise dans les deux sens. On ne bloque pas la circulation du sang mais on ne l’accélère pas non plus alors qu’un peu d’hyper tension serait sans doute souhaitable.
En effet, la re-croissance ne pourra venir que d’une accélération des échanges marchands entre acteurs économiques, de la création de nouveaux biens et services, d’une meilleure performance des organisations publiques, puisque le simple accroissement du volume de dépense a atteint sa limite supportable.
En déployant des programmes de communications internes et de discussions avec les citoyens, les administrations trouveront les voies de la productivité pour baisser les couts tout en améliorant les services aux publics : l’éducation, la police, la justice… ont besoin de dialogues, de réflexions, d’échanges, plus que de budgets nouveaux.
Ce que certains appellent la cocréation, est le processus d’innovation qui associe clients, collaborateurs et toutes les parties prenantes de l’entreprise pour inventer les nouvelles organisations et les nouveaux services. Au delà du débat politique, il semble que notre pays peut y trouver la solution pour faire le reengineering de ses administrations tout en inventant les acteurs économiques performants de demain.
Les grandes entreprises de leurs coté peuvent démontrer aux citoyens consommateurs leur rôle essentiel pour l’économie en communiquant sur les services rendus à la société tout autant que sur leurs produits. Il est bon de rappeler que les laboratoires pharmaceutiques sauvent des vies, les banques font vivre l’argent, les constructeurs automobiles inventent la voiture électrique, le tourisme rapproche les peuples, les constructeurs de téléphones et éditeurs de logiciels bouleversent nos vies en rendant les contacts humains rapides, bon marché et accessible à tous.
Alors si on veut espérer que la crise annoncée ne soit pas une fatalité, que les prévisions pessimistes ne soient pas auto-réalisatrices, mettons du stress positif dans le cœur de l’économie, accélérons le rythme des investissements en communication.

Une tribune parue dans Le Figaro du 1er décembre 2011 (page 18).
PDF à télécharger sur cette page.

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